Histoires pour enfants

Yavana et la chanson de l’oasis cachée

Histoires pour enfants

Dans une oasis cachée qui ne chante plus, Yavana la petite fée et Luno le cygne suivent un message de bulles. Ils découvrent une sorcière qui a volé la chanson de l’eau. Avec une idée maligne et un cri de cygne très “majestueux”, ils tentent de la récupérer… et l’oasis leur réserve un trésor scintillant.
Yavana et la chanson de l’oasis cachée

Yavana la fée habitait près d’une oasis cachée. Personne ne la voyait de loin, car l’oasis dormait derrière de grands roseaux qui chuchotaient au vent. L’eau y était claire comme une vitre. Des palmiers faisaient de l’ombre, et des fleurs minuscules brillaient comme des miettes d’étoiles.

Yavana était une petite fée douce et courageuse. Elle aimait aider, mais elle était aussi un peu timide. Quand on la regardait trop, ses joues rosissaient et ses ailes battaient très vite.

Ce matin-là, elle posa sa main sur l’eau.
« Bonjour, oasis. Bonjour, petits poissons. »
L’eau répondit par des ronds tranquilles.

Soudain, un grand “plouf” fit sursauter les libellules.
Un cygne blanc glissa jusqu’à elle. Il avait un cou élégant et des yeux curieux. Il s’appelait Luno. Luno était poli, mais un peu bougon quand il avait faim.
« Yavana, gronda-t-il doucement, quelque chose ne va pas. L’eau ne chante plus. »

Yavana tendit l’oreille. D’habitude, l’oasis faisait un petit bruit de musique, comme “ding-ding”. Là… rien. Juste un silence.
« Tu as raison, Luno. On dirait que la chanson s’est cachée. »

Ils avancèrent au bord de l’eau. Yavana vit une chose étrange: des bulles formaient des mots, puis éclataient.
POP. POP.
« Regarde! » dit Luno.
Les bulles dessinaient une flèche, puis un petit cercle.

Yavana cligna des yeux.
« C’est un message. Quelqu’un veut qu’on suive. »
Luno frissonna.
« J’espère que ce n’est pas une anguille farceuse. Les farces, ça donne faim. »

Yavana rit doucement.
« On y va ensemble. »

Ils suivirent la flèche de bulles. Elle menait vers les roseaux épais. Yavana n’aimait pas trop l’ombre, mais elle se redressa.
« Je suis une fée, je peux. »

Dans les roseaux, l’air était frais. Ça sentait la menthe sauvage. Et là, juste derrière une feuille large, ils trouvèrent une petite porte en pierre, à moitié cachée.
Sur la porte, il y avait un dessin: une goutte d’eau, et une plume.

« Une plume… comme toi, Luno! » murmura Yavana.
Luno se gonfla un peu.
« Oui. Une très belle plume. »

Yavana posa sa main sur la porte. Elle fit une petite lumière, juste un fil de lumière, pas trop fort.
« S’il te plaît, ouvre-toi. »
La porte fit “clac” et s’ouvrit.

Derrière, un couloir court descendait. Pas un vrai tunnel effrayant. Juste une petite pente douce, comme un toboggan de pierre.
« On glisse? » demanda Yavana.
Luno leva un sourcil.
« Un cygne ne glisse pas. Il… euh… il descend avec dignité. »

Ils descendirent quand même. Et ils arrivèrent dans une salle ronde, pleine de coquillages collés au mur. Au centre, une vasque brillait. Mais la vasque était vide.
Yavana s’approcha.
« C’est ici que la chanson de l’eau devait être gardée… »

Une voix grinçante résonna.
« Tout à fait. Et maintenant, elle est à moi. »

Une sorcière sortit de derrière un pilier. Elle avait un manteau sombre, des doigts fins, et un regard comme une épingle. Mais elle n’était pas gigantesque. Elle était plutôt petite, et son nez frémissait comme si elle reniflait une soupe.
« Je suis la sorcière Margritte, dit-elle. Je collectionne les belles choses. La chanson de l’oasis est si brillante! Je l’ai mise dans mon flacon. »

Elle agita un petit flacon de verre. À l’intérieur, une lumière bleutée tremblait. On entendait un mini “ding-ding” très loin, comme un jouet enfermé.

Luno fit un pas en avant.
« Rends-la! Sans chanson, l’oasis devient triste. Et moi, je n’aime pas l’eau triste. »

La sorcière sourit.
« Je la rendrai… si vous me donnez quelque chose en échange. Une plume de cygne, par exemple. Une plume bien blanche. »

Luno recula. Il serra ses ailes.
« Mes plumes, non! Elles chatouillent quand on les prend. »

Yavana sentit son cœur battre vite. Elle était timide, mais elle n’aimait pas l’injustice.
Elle s’accroupit près de la vasque vide.
« Margritte, pourquoi tu veux la chanson? Tu as déjà ton flacon. »

La sorcière soupira.
« Parce que… quand la chanson est dans mon flacon, je me sens moins seule. Elle fait comme un petit ami musical. »

Yavana cligna des yeux. Elle eut une idée.
« Alors, si on te donne une autre chanson, tu rends celle de l’oasis? »

Margritte plissa les yeux.
« Une autre chanson? »

Yavana se tourna vers Luno.
« Luno, tu sais faire ton cri de cygne? Celui qui résonne? »

Luno rougit sous ses plumes.
« Euh… oui. Mais c’est un cri très… majestueux. »

« Parfait! » dit Yavana.
Elle prit une grande inspiration. Ses ailes vibrèrent.
« Je vais faire une magie de miroir. Ton cri va devenir une petite mélodie. Une mélodie pour Margritte. »

Elle souffla sur la vasque vide. Une poussière de lumière tomba comme du sucre.
« Vasque, écoute. Vasque, garde. »

Luno prit sa pose la plus digne.
« Hoooooonk! »
Le son roula dans la salle, rebondit sur les coquillages, et devint doux. Yavana le guida avec ses doigts, comme si elle attrapait une corde invisible.
La vasque se mit à briller et à chanter une nouvelle mélodie: “honk-ding… honk-ding…”, drôle et jolie.

Margritte ouvrit grand les yeux.
« Oh… c’est… c’est mignon. Et un peu comique. »

Luno murmura à Yavana:
« Comique? Je suis majestueux! »

Yavana chuchota:
« Oui, majestueux-comique. C’est rare. »

La sorcière approcha son flacon de la vasque. La nouvelle mélodie tournoya, légère comme une plume. Elle entra dans le flacon, et la lumière bleutée de l’oasis en sortit comme un petit ruban.

« D’accord, d’accord, dit Margritte. Je rends la chanson de l’oasis. Mais… vous me promettez de ne pas vous moquer de ma solitude. »

Yavana hocha la tête.
« Promis. On peut tous se sentir seuls parfois. »

Luno ajouta, un peu raide:
« Et… si tu veux, tu peux venir écouter l’eau de loin. Sans voler la chanson. »

Margritte resta silencieuse, puis elle fit un petit “hm” qui voulait dire oui.

Yavana prit le ruban de lumière bleue et remonta le couloir. Luno monta derrière, en “dignité”, mais il glissa un tout petit peu quand même.
« Je n’ai pas glissé, dit-il. C’était… une marche rapide. »

Ils sortirent près de l’oasis cachée. Yavana posa la lumière sur l’eau.
« Retourne à la maison. »

Aussitôt, l’oasis se mit à chanter. “Ding-ding”, “plim-plim”. Les poissons tournèrent en rond, joyeux. Les fleurs brillèrent plus fort.

Mais ce n’était pas tout.
L’eau fit jaillir une bulle énorme, transparente. Dans la bulle, il y avait quelque chose qui scintillait: un petit coffre en nacre, grand comme une pomme.
La bulle éclata doucement, et le coffre tomba dans les mains de Yavana.

Luno écarquilla les yeux.
« Un trésor! »

Yavana ouvrit le coffre. Dedans, il y avait trois choses:
Une plume dorée toute douce.
Un petit pendentif en forme de goutte d’eau.
Et une poignée de poussière brillante.

Une voix de l’oasis murmura, très gentiment:
« Merci, Yavana. Merci, Luno. Voici un cadeau. La plume dorée est une plume de courage. Le pendentif t’aidera à entendre les messages de l’eau. Et la poussière… c’est pour faire rire les jours gris. »

Yavana serra le coffre contre elle. Ses yeux pétillèrent.
« Je… je l’ai fait. Même si j’avais peur. »

Luno hocha la tête.
« Et moi, j’ai offert un cri… majestueux. »

Yavana rit.
« Majestueux! »

Au loin, derrière les roseaux, une silhouette passa un instant. C’était Margritte la sorcière. Elle n’avait plus l’air grincheux. Elle tenait son flacon et l’écoutait, avec un petit sourire.

Yavana accrocha le pendentif à son cou.
« Oasis, si tu as encore besoin de nous, envoie une bulle. »

L’oasis répondit par un “plim” heureux.
Et sous le soleil, la fée timide devint un peu plus sûre d’elle, avec un trésor dans les mains et une chanson retrouvée dans l’eau.



AccueilConcoursParticiperFun