Histoires pour enfants

Lymëo et le Coffret des Couleurs

Histoires pour enfants

Dans un château devenu tout gris, Lymëo le superhéros, aidé de Pipo l’Elfe et de Maître Brumo le Magicien, part retrouver le Coffret des Couleurs volé par un Bandit. Entre énigmes de formes, rires et gentillesse, ils réveillent les couleurs… et gagnent un trésor inattendu.
Lymëo et le Coffret des Couleurs

Dans un grand château aux tours très hautes, vivait Lymëo, un superhéros un peu spécial. Il portait une cape douce comme une couverture et des bottes qui faisaient “pouf” quand il sautait. Lymëo était courageux, mais aussi très attentionné. Quand quelqu’un avait peur, il parlait doucement.

Ce matin-là, le château semblait différent. Les couloirs, d’habitude brillants, étaient tout pâles. Même les drapeaux avaient l’air fatigués.

Lymëo posa sa main sur un mur.
— Oh… le château a perdu ses couleurs.

Dans la grande salle, un petit Elfe apparut derrière un rideau. Il s’appelait Pipo. Il était vif, malin, et il adorait faire des blagues… mais il avait un bon cœur.
— Chut, superhéros ! dit Pipo. Quelqu’un a emporté le Coffret des Couleurs.
— Le Coffret des Couleurs ? demanda Lymëo.
— Oui ! Sans lui, le château devient tout gris comme un caillou.

Un grand “POC !” résonna. Un Magicien entra, avec une longue barbe et un chapeau trop grand qui glissait sur ses yeux. Il s’appelait Maître Brumo. Il était savant, un peu distrait, et très patient.
— J’ai cherché partout, soupira-t-il. Le Coffret a disparu pendant la nuit.

Lymëo serra les poings.
— On va le retrouver. Ensemble.

Pipo chuchota :
— J’ai vu une ombre courir vers la tour de l’horloge. Ça sent le Bandit.

Le mot “Bandit” fit frissonner les rideaux. Le Bandit du château était rapide, et il aimait prendre des choses qui ne lui appartenaient pas.

Les trois amis avancèrent dans un long couloir. Le sol grinçait.
— Si le couloir craque, c’est qu’il a peur, expliqua Lymëo. On marche doucement.

Pipo essaya de marcher doucement… mais il glissa sur une peau de banane (il jura qu’elle n’était pas à lui).
— Oups.

Maître Brumo tapota son bâton.
— Un peu de lumière, s’il te plaît.
Une petite étincelle sortit… puis s’éteignit.
— Oh. Mon sort a aussi perdu sa couleur, murmura-t-il.

Lymëo sourit.
— Alors on utilisera notre super pouvoir le plus fort : l’entraide.

Ils arrivèrent devant la tour de l’horloge. La porte était fermée avec trois serrures. Sur chaque serrure, une forme : un rond, un triangle, un carré.

Pipo leva son doigt.
— J’adore les jeux !

Sur un mur, il y avait une phrase gravée : “Pour ouvrir, trouve les formes cachées dans la salle des armures.”

Ils descendirent un escalier en colimaçon. Dans la salle des armures, des casques et des boucliers brillaient un peu… mais sans vraie couleur. On aurait dit des jouets oubliés.

Lymëo regarda bien.
— Je vois un rond sur ce vieux bouclier.
Pipo bondit.
— Et un triangle sur le casque pointu !

Maître Brumo plissa les yeux.
— Le carré… le carré… ah ! Sur la plaque au sol, là.

Ils touchèrent les trois formes. “CLIC !” Une petite clé tomba d’une fente. Puis une deuxième. Puis une troisième.

Pipo applaudit.
— On est des détectives de château !

Ils remontèrent à la tour. Les clés tournèrent. La porte s’ouvrit en gémissant.

À l’intérieur, l’horloge faisait “tic… toc…” mais très doucement, comme si elle était triste. Et là, caché derrière un rideau poussiéreux, se trouvait le Bandit.

Il avait un sac sur l’épaule. Et dans le sac… une lueur pâle.

Lymëo s’avança, sans crier.
— Bonjour. Pourquoi as-tu pris le Coffret des Couleurs ?

Le Bandit recula.
— Parce que… parce que je voulais des couleurs pour moi tout seul ! Dans ma cachette, c’est toujours sombre.

Pipo fronça les sourcils.
— Mais le château en a besoin !

Maître Brumo parla calmement.
— On peut partager. Les couleurs, ça se multiplie quand on les donne.

Le Bandit hésita.
— Vraiment ?

Lymëo ouvrit ses mains.
— Regarde. On ne veut pas te punir. On veut réparer.

Le Bandit baissa la tête.
— J’ai… un peu peur, dit-il. Si je rends le coffret, je serai encore tout seul.

Lymëo posa une main sur son épaule.
— Tu peux venir avec nous. Le château est grand. Il y a de la place.

Pipo ajouta, avec un petit sourire :
— Et on a même une salle avec des coussins. Beaucoup de coussins.

Le Bandit souffla.
— D’accord.

Il sortit le Coffret des Couleurs. C’était une boîte avec un verrou en forme d’étoile. Mais l’étoile était grise.

Maître Brumo se gratta la barbe.
— Le coffret s’est verrouillé. Il faut le réveiller.

Lymëo réfléchit. Son super pouvoir, ce n’était pas de voler ou de lancer des éclairs. C’était d’écouter et de trouver des idées.

— Dans le château, dit-il, les couleurs aiment trois choses : les rires, la gentillesse, et le courage.

Pipo eut une idée.
— Je peux faire rire !
Il fit une grimace énorme. Même l’horloge fit “tic-toc” plus vite.

Maître Brumo dit :
— Moi, je peux donner de la gentillesse.
Il sortit un petit bonbon au miel de sa poche.
— Pour toi, Bandit.

Le Bandit, surpris, prit le bonbon.
— Merci…

Lymëo inspira.
— Et moi, je peux montrer le courage.
Il prit le coffret, le tint contre lui, et déclara :
— Coffret des Couleurs, on est là. Tu peux revenir.

Un petit “ding” sonna. L’étoile sur le verrou se mit à briller. Rouge, puis bleu, puis jaune.

Le coffret s’ouvrit tout seul. Un nuage de couleurs s’envola comme des rubans. Les rubans filèrent dans les couloirs, glissèrent sur les tapis, chatouillèrent les statues.

Le château se réveilla ! Les drapeaux redevenaient vifs. Les vitraux lançaient des taches de lumière sur le sol. Même les armures avaient l’air de sourire.

Pipo tourna sur lui-même.
— Wouaaah ! Je suis presque aveuglé par le joli !

Maître Brumo rit.
— Ça fait du bien.

Le Bandit regarda autour de lui, les yeux grands.
— Je… je ne savais pas que c’était si beau.

Lymëo hocha la tête.
— C’est plus beau quand tout le monde en profite.

Dans la salle du trône, une porte secrète s’ouvrit avec un “boum” gentil. Derrière, une petite chambre apparut, pleine de coffres.

Maître Brumo s’étonna.
— Tiens… Le château offre une récompense quand on lui rend ses couleurs.

Un coffre s’ouvrit. À l’intérieur, il y avait trois objets.

Pour Lymëo : un médaillon brillant, avec une étoile colorée.
— Médaillon du Super-Cœur, lut Brumo. Il aide à entendre quand quelqu’un se sent seul.

Pour Pipo : une petite bourse de poussière scintillante.
— Poudre de Chatouilles-Sages, dit Pipo. Je vais l’utiliser… avec prudence. Peut-être.

Pour le Bandit : une clé dorée.
— Clé de la Chambre Douillette, expliqua Maître Brumo. Elle ouvre une pièce rien que pour toi, ici, dans le château. Avec une fenêtre et… des coussins.

Le Bandit serra la clé.
— Alors je ne dois plus voler pour avoir ma place ?

Lymëo répondit :
— Non. Tu peux demander. Et tu peux aider.

Pipo leva la main.
— Et tu peux apprendre à faire des blagues ! Mais pas les blagues méchantes.

Le Bandit sourit, un petit sourire.
— D’accord. Je vais essayer.

Le soir, le château brillait comme un grand gâteau décoré. Lymëo fit une ronde, content. Pipo chantonna. Maître Brumo rangea son chapeau (qui tomba encore sur ses yeux).

Lymëo regarda le médaillon sur sa poitrine.
— Aujourd’hui, on a rendu les couleurs… et on a aussi trouvé un nouveau voisin.

Et dans le grand château, les couleurs restèrent bien réveillées, parce que l’amitié, elle, ne se cache pas dans un sac.



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