
Leandro est un dinosaure. Il est grand, mais très doux. Il est un peu timide. Il parle tout bas.
Ce matin, Leandro marche dans la Cour mystique. Le sol brille comme des petites étoiles. Les pierres font « tic tic » sous ses pattes.
« Bonjour, Cour mystique », chuchote Leandro.
Un Animal imaginaire arrive. Il change de forme. Parfois il est rond comme une bulle. Parfois il a des ailes. Ses yeux rient.
« Coucou, Leandro ! Je suis Floupi ! » dit l’Animal imaginaire.
Leandro cligne des yeux. « Je… je suis content. »
Dans la Cour mystique, il y a des fleurs de lumière. Mais aujourd’hui, elles sont pâles.
Floupi renifle l’air. « Oh ! Les couleurs sont parties. On doit les ramener. »
Leandro se gratte la tête. « Je peux aider… même si j’ai un peu peur. »
Ils avancent vers une grande arche. Elle est faite de cristal. Derrière, tout est gris.
Un Gardien de cristal apparaît. Il est brillant et très sérieux. Sa voix fait « clong ».
« Stop. Pas de couleurs. Pas de passage. »
Leandro recule d’un pas. Floupi se cache derrière sa queue, puis ressort vite.
Floupi chuchote : « Il garde les couleurs dans son cristal. Il aime l’ordre. Trop d’ordre ! »
Leandro regarde le Gardien. Il respire lentement. « Bonjour, Monsieur Gardien. On veut juste un peu de rouge, un peu de bleu… pour les fleurs. »
Le Gardien secoue la tête. « Les couleurs font du bazar. »
Floupi fait une petite pirouette. « On peut faire du joli, pas du bazar ! »
Leandro a une idée. Il prend trois cailloux dans la Cour mystique. Un petit, un moyen, un grand. Il les pose en ligne.
« Regarde, Monsieur Gardien. Un, deux, trois. C’est rangé. Et on peut mettre une couleur sur chaque caillou. Rouge sur le petit. Jaune sur le moyen. Bleu sur le grand. »
Le Gardien penche la tête. « Rangé… et coloré ? »
Leandro hoche doucement. « Oui. Promis. »
Floupi souffle. Pffff. Une poussière brillante sort de son nez. Elle tourne comme un ruban.
Leandro ouvre grand ses bras. « S’il te plaît. Les fleurs ont froid sans couleurs. »
Le Gardien de cristal hésite. Son cœur de cristal fait « ding… ding… ».
Puis il tend une petite clé, toute claire. « D’accord. Une clé de couleur. Mais doucement. »
Leandro prend la clé. Elle est fraîche, comme de l’eau.
Ils ouvrent une petite porte dans l’arche. À l’intérieur, il y a des bocaux. Rouge, bleu, vert, rose. Ils brillent comme des bonbons.
Floupi s’exclame : « Ooooh ! »
Leandro rit, mais tout petit. « On en prend juste un peu. »
Ils versent une goutte sur chaque fleur de lumière. Une goutte. Plop.
Les fleurs se réveillent. Elles dansent. Elles éclairent la Cour mystique.
Le Gardien regarde. Ce n’est pas le bazar. C’est beau.
« Merci », dit-il, plus doux. « Je croyais protéger. Mais je peux partager. »
Floupi tape des mains. « Partager, c’est magique ! »
Leandro se sent grand dans son ventre. Courageux.
Le Gardien offre un cadeau. Un petit coffre en cristal.
« Pour toi, Leandro. Dedans, des cailloux-couleurs. Tu peux les garder. »
Leandro ouvre. Il y a six cailloux qui brillent. Il les serre contre lui.
« Merci. Je vais décorer la Cour mystique, tout bien rangé », dit-il.
Floupi rit : « Et moi, je ferai les sons : tic, toc, ding ! »
Ils rentrent au milieu des fleurs qui brillent. La Cour mystique est joyeuse. Et Leandro n’a plus si peur.