Histoires pour enfants

Assa Madame Bêtise et la poche invisible

Histoires pour enfants

En Amazonie, Assa Madame Bêtise cherche son sifflet perdu. Avec Pim-Pam le Clown, elle affronte une Sorcière et une mystérieuse poche invisible… et découvre un trésor de graines dorées qui font pousser la joie.
Assa Madame Bêtise et la poche invisible

Assa Madame Bêtise était une petite fille de l’Amazonie. Elle avait des bottes jaunes, des cheveux en bataille, et un grand sac trop lourd pour elle. Elle était très curieuse et très imaginative. Mais quand elle se trompait… elle se trompait fort. Alors, les adultes disaient en riant : « Ah, Assa, Madame Bêtise ! »

Ce matin-là, la forêt chantait. Les oiseaux faisaient « piou-piou », les grenouilles « croa-croa », et les feuilles faisaient « chhh » quand le vent passait.

Assa suivait un petit chemin de terre. Elle cherchait son objet préféré : son sifflet en graine rouge. Elle l’avait perdu hier, près du grand fromager.

« Sans mon sifflet, je ne peux pas appeler les papillons ! » soupira Assa.

Soudain, un Clown sortit derrière une fougère géante. Il avait un nez rouge, une chemise à pois, et un chapeau trop haut. Il tenait un parapluie… même s’il ne pleuvait pas.

« Ta-daa ! Bonjour, petite exploratrice ! » dit le Clown en faisant une révérence.

Assa recula d’un pas. « Tu es… un vrai clown, dans la jungle ? »

« Oui ! Je m’appelle Pim-Pam. Je fais rire les singes et je console les toucans quand ils ont le bec triste. »

Assa plissa les yeux. Elle était timide avec les inconnus, mais son cœur était courageux.

« Tu peux m’aider à trouver mon sifflet ? » demanda-t-elle.

Le Clown tapa dans ses mains. « Mission sifflet ! On va le retrouver. Et si on se perd, je fais un bruit de trompette avec ma bouche. Prrrouuut ! »

Assa éclata de rire. « D’accord. Mais pas trop fort, sinon les jaguars vont croire que c’est l’heure du déjeuner. »

Ils avancèrent entre les lianes. Une rivière brillait comme un ruban. Des poissons sautaient. Assa voulut traverser en sautant sur des pierres.

« Attention ! » dit le Clown.

Assa sauta… et plouf ! Elle tomba dans l’eau jusqu’aux genoux.

« Madame Bêtise ! » dit-elle en se regardant, toute mouillée.

Le Clown gonfla ses joues et fit apparaître, comme par magie de clown, une grande serviette toute douce. « Voilà ! On essuie, et on continue. »

Assa fut surprise. « Comment tu as fait ça ? »

« Secret de clown. C’est comme un tour, mais avec beaucoup de gentillesse. »

Ils arrivèrent près du grand fromager. Ses racines sortaient du sol comme des gros serpents gentils. Assa chercha partout.

« Sifflet ? Sifflet ? » murmura-t-elle.

À ce moment, un froid bizarre passa. Les feuilles se taisaient. Même les moustiques semblaient chuchoter.

Une Sorcière apparut, assise sur une branche. Elle avait une cape sombre et des doigts très longs. Ses yeux brillaient comme deux petites lampes.

« Je sais où est ton sifflet, petite fille, » dit la Sorcière.

Assa serra son sac. « Tu l’as pris ? »

La Sorcière sourit. « Peut-être. Peut-être pas. Mais j’ai lancé un petit sort. Le sifflet est caché dans une poche invisible. Invisible, invisible… introuvable ! »

Le Clown fit un pas en avant. Il essayait d’être brave, mais sa voix tremblait un peu. « Madame la Sorcière, on préfère les poches normales. Ça fait moins peur. »

« Moi, j’aime quand les enfants cherchent, » répondit la Sorcière. « Et quand ils se découragent. »

Assa sentit un gros nœud dans son ventre. Elle avait envie de pleurer. Mais elle pensa aux papillons. Elle pensa aux petits animaux qui aiment ses sifflements.

Elle respira. « Je ne vais pas me décourager. Je suis petite, mais je suis tenace. »

La Sorcière haussa les épaules. « Alors trouve la poche invisible. Si tu réussis, tu auras ton sifflet. Si tu échoues… je garderai ton sifflet pour toujours. »

Assa regarda le Clown. « Pim-Pam, une idée ? »

Le Clown réfléchit, le doigt sur son nez rouge. « Une poche invisible… ça se voit pas. Mais ça se sent ! »

Assa ouvrit de grands yeux. « Se sentir… avec les mains ? »

« Oui. Et aussi avec les oreilles ! Écoute : quand on touche quelque chose de caché, ça fait un petit son. Pas un gros son. Un mini son. »

Assa posa ses mains sur les racines du fromager, doucement, comme sur un chat endormi. Elle ferma les yeux.

« Chut, forêt. Aide-moi, » murmura-t-elle.

Elle tapota. Toc… toc… toc…

Rien.

Elle tapota encore, plus près du tronc. Toc… toc…

Un petit bruit répondit : « tin ! »

Assa sursauta. « J’ai entendu ! »

Le Clown chuchota : « Bravo ! Là, là ! »

Assa chercha autour du « tin ». Elle passa ses doigts sur une racine. Puis, soudain, ses doigts rencontrèrent quelque chose de lisse, comme une petite perle.

« Je sens un objet ! » dit-elle.

La Sorcière grogna. « Impossible… »

Assa tira doucement. Un sifflet en graine rouge apparut, brillant, comme s’il venait de naître.

« Mon sifflet ! » s’écria Assa.

Le Clown fit une roue et atterrit sur ses pieds. « Tadadada ! Poche invisible, poche finie ! »

La Sorcière plissa les yeux. « Tu as gagné… cette fois. » Elle leva sa cape.

Assa prit son sifflet, mais elle n’était pas méchante. Elle était empathique. « Madame la Sorcière… tu es fâchée ? »

La Sorcière hésita. Personne ne lui demandait ça.

« Je suis… seule, » avoua-t-elle tout bas. « Alors je fais des sorts pour que les autres restent avec moi à chercher, longtemps. »

Le Clown s’approcha lentement. « On peut rester un peu, mais sans peur. On peut faire… un jeu ! »

Assa eut une idée. « On peut faire un jeu de sons cachés ! Moi je siffle, toi tu caches un bruit, et Pim-Pam fait un tour. Mais gentiment. »

La Sorcière cligna des yeux. « Un jeu ? »

Assa souffla dans son sifflet. Un son clair sortit : fiii-fiii !

Des papillons bleus arrivèrent en tournant autour d’eux. Même la Sorcière fut surprise.

Le Clown applaudit. « Regarde, ça fait danser la lumière ! »

La Sorcière sourit un tout petit peu. « D’accord. Mais seulement un petit jeu. »

Ils jouèrent. La Sorcière cacha des « tin » derrière les racines, le Clown faisait des grimaces, et Assa retrouvait les sons en écoutant très bien.

Puis la Sorcière dit : « Tu as de bonnes oreilles, Assa Madame Bêtise. Je te donne une récompense. »

Assa recula. « Une autre poche invisible ? »

« Non. Un vrai cadeau. »

La Sorcière sortit une petite boîte en bois. Elle l’ouvrit. À l’intérieur, il y avait trois graines dorées qui brillaient.

« Ce sont des graines-rire, » expliqua la Sorcière. « Si tu les plantes près de chez toi, elles feront pousser un petit buisson qui fait des fleurs qui sentent la joie. Et quand tu es triste, tu peux les toucher, et ça chatouille le cœur. »

Assa ouvrit la bouche. « Un trésor ! »

Le Clown fit un bruit de trompette très doux. « Prrrouuut… de bonheur. »

Assa prit les graines avec précaution. « Merci. Je les partagerai avec toi si tu veux venir les voir pousser. »

La Sorcière baissa sa capuche. « Peut-être. J’aimerais bien. »

Le soleil revint dans les feuilles. Les oiseaux recommencèrent à chanter.

Assa et le Clown rentrèrent sur le chemin. Assa n’était plus mouillée, juste un peu boueuse, et très fière.

« Aujourd’hui, tu n’étais pas Madame Bêtise, » dit le Clown.

Assa sourit. « Oh si. Je suis tombée dans la rivière. Mais j’ai aussi appris. Quand on écoute bien et qu’on n’abandonne pas, on trouve ce qui est caché. Même une poche invisible. »

Et, dans son sac, les trois graines dorées faisaient un petit bruit : tin, tin, tin… comme pour dire qu’elles étaient déjà prêtes à faire pousser la joie en Amazonie.



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