
Arya est une petite sirène. Elle est douce et très curieuse. Elle vit loin de la mer, dans des déserts désolés. Oui, un désert! Là-bas, il y a du sable chaud et un vent qui chante.
Arya porte une petite gourde d’eau. Elle dit: « Glou-glou, mon eau! » Elle aime partager.
Un soir, le ciel devient gris. Le vent souffle: ffff… Et soudain, plus de couleurs! Le sable est tout pâle. Même les pierres ont l’air fatiguées.
Arya ouvre grand les yeux. « Oh non… où sont les couleurs? »
Un petit Fantôme apparaît. Il est blanc comme du lait. Il n’est pas méchant. Il est timide, mais gentil. Il fait: « Bouh… pardon. Je m’appelle Pipo. »
Arya rit. « Tu peux dire bouh, ça me fait pas peur. »
Pipo chuchote: « Les couleurs se sont cachées. Un Loup les a fait fuir. Il court et il grogne, et tout devient triste. »
Arya met sa main sur son cœur. « On va les retrouver. Ensemble. »
Ils avancent dans le désert. Le sable fait: chchch. Arya glisse un peu avec sa queue. Pipo flotte au-dessus. Il éclaire comme une petite lampe.
Ils voient des traces de pattes. « Loup, » dit Pipo.
Arya dit doucement: « On va être malins. Pas besoin de crier. »
Derrière une dune, ils trouvent un sac. Dedans, il y a des petits pots fermés. Sur chaque pot, un dessin: rouge, jaune, bleu, vert.
Arya sourit. « Les couleurs sont là! »
GRRRR! Le Loup arrive. Il a des yeux sérieux. Il n’a pas l’air content.
Arya ne fuit pas. Elle parle avec une voix calme. « Bonjour, Loup. Pourquoi tu caches les couleurs? »
Le Loup baisse un peu la tête. « Tout le monde me regarde de travers. Alors je veux que tout soit pareil. Sans couleurs. »
Pipo tremble un peu. « Moi aussi, on a eu peur de moi… »
Arya dit: « On peut te donner une couleur à toi. Une couleur spéciale. Tu veux? »
Le Loup cligne des yeux. « Une… pour moi? »
Arya ouvre un pot. Une poudre dorée sort et brille dans l’air. Arya souffle: « Ffff… »
La poudre se pose sur le Loup. Sa queue devient dorée. Le Loup est surpris. Il regarde, et il sourit, tout petit.
« Je suis beau, » dit-il.
Arya hoche la tête. « Oui. Et les autres couleurs peuvent revenir pour tous. »
Le Loup pousse le sac vers Arya. « D’accord. Je rends les pots. »
Arya et Pipo ouvrent les pots un par un. Rouge! Le ciel prend une joue rose. Jaune! Le soleil rit. Bleu! Une petite oasis devient toute claire. Vert! Une plante se redresse.
Le désert redevient vivant. Même le vent semble dire: « Merci! »
Pipo saute dans l’air. « Youpi! »
Le Loup dit: « Je peux aider? »
Arya répond: « Oui. Tu peux garder l’oasis et dire bonjour gentiment. »
Le Loup promet. « Bonjour gentiment. Je peux faire ça. »
Avant de partir, Arya trouve au fond du sac un trésor: une coquille arc-en-ciel, lisse et brillante. Elle la met contre son oreille. Ça fait un petit son: ding-ding.
« C’est pour toi, » dit Pipo. « Pour te souvenir des couleurs. »
Arya serre la coquille. « Merci. Et merci, Loup. »
La nuit arrive. Tout est coloré. Arya boit une petite gorgée d’eau. « Glou-glou. »
Pipo chuchote: « On a été une équipe. »
Arya répond: « Oui. Une équipe qui rend le monde joli. »
Et dans les déserts désolés, il y a maintenant une oasis brillante, un Loup à queue dorée, et une sirène avec une coquille arc-en-ciel.