
Nino est un petit garçon. Il marche dans la forêt enchantée. Les arbres brillent doucement. Les feuilles font chuchou.
Nino tient une petite lanterne. Elle était très colorée. Mais aujourd’hui… elle est toute grise.
« Oh non… mes couleurs ! » dit Nino.
Au loin, un grand pas fait boum… boum… boum.
Un Géant arrive. Il est très grand, mais ses yeux sont gentils. Il porte une écharpe en mousse.
« Bonjour, petit Nino, » dit le Géant, tout doux.
Nino a un peu peur. Il se cache derrière un champignon.
Le Géant se baisse. « Je ne fais pas peur. Je cherche juste un ami. »
Nino sort la tête. « Ma lanterne est triste. Elle n’a plus de couleurs. »
Le Géant renifle l’air. « Ça sent… le feu et les plumes. Un Phénix est passé. »
Dans le ciel, on entend ffffwhooosh.
Un Phénix tourne, rouge et or. Il est beau, mais il souffle trop fort. Son vent chaud fait pâlir tout.
« Il a soufflé sur ma lanterne ! » dit Nino.
Le Géant hoche la tête. « On peut suivre une plume dorée. Viens. Je marche lentement. »
Ils avancent. Nino fait tap tap. Le Géant fait boum boum. Ensemble, ça fait une musique rigolote.
Ils trouvent une plume dorée au sol. Elle brille. Nino la touche du bout du doigt.
« Chaud ! » dit Nino.
« On souffle comme pour refroidir une soupe, » dit le Géant.
Nino souffle. Le Géant souffle. Pffff.
La plume devient tiède. Nino rit.
Plus loin, la forêt devient sombre. Un buisson tousse des étincelles. Les couleurs des fleurs se cachent.
Nino chuchote : « J’ai peur. »
Le Géant met sa grande main comme un toit. « Je suis là. Regarde mes doigts : un, deux, trois. On respire. »
Nino respire. Un… deux… trois. Ça va mieux.
Ils arrivent dans une clairière. Au centre, un nid de cendres. Le Phénix est là. Il tient un petit sac brillant.
Nino s’avance, tout petit mais courageux. « Bonjour, Phénix. Ma lanterne veut ses couleurs. »
Le Phénix cligne des yeux. « Je n’ai pas voulu voler. Je jouais au grand vent. Je suis trop fort. »
Le Géant dit : « On peut jouer doucement. Petit vent, pas grand feu. »
Nino montre sa lanterne grise. « Regarde, elle est triste. »
Le Phénix baisse la tête. « D’accord. Je vais aider. »
Il ouvre le sac. Dedans, il y a de la poussière de couleur : rouge, bleu, vert, jaune.
« C’est mon trésor de plumes, » dit le Phénix.
Le Phénix souffle un tout petit pff. Juste un pff.
La poussière danse, comme des confettis.
Le Géant tourne lentement, comme une grande toupie. « Hop ! »
La poussière va sur la lanterne.
La lanterne devient brillante. Rouge ! Bleu ! Vert ! Jaune ! Elle fait ding ding, contente.
Nino applaudit. « Merci ! »
Le Phénix sourit. « Pour me faire pardonner, je te donne aussi une plume magique. »
Il donne une petite plume dorée à Nino. Pas trop chaude. Juste douce.
« Elle allume une lumière quand tu as peur, » dit le Phénix.
Nino serre la plume. « J’aime ça. »
Le Géant rit : « Et moi, je garde le sac, mais je le porte pour toi ! »
Ils rentrent dans la forêt enchantée. La lanterne chante. Les fleurs ressortent.
Nino dit : « Je ne suis pas seul. J’ai un ami Géant… et un ami Phénix. »
Et dans sa poche, la plume dorée brille, pour demain aussi.